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Trump 2.0 : L’Amérique Désenchaînée et le Mirage de l’Efficacité

L’année 2025 s’ouvre sous le signe d’un déjà-vu inquiétant. Donald Trump, fort d’une victoire que l’on imagine âprement disputée, reprend les rênes de l’Amérique avec une détermination qui confine à la brutalité. Sa première semaine à la Maison Blanche ressemble à une purge idéologique, une tentative de démanteler tout ce que son prédécesseur avait entrepris, et plus encore.

Oubliez le consensus sur le rôle de l’Amérique en tant que superpuissance bienveillante. Trump, dans son style inimitable, semble vouloir libérer le pays de toutes les contraintes, qu’elles soient normatives, politiques, bureaucratiques, ou même légales. C’est une vision où l’Amérique, délestée de ses ‘chaînes’, peut enfin imposer sa volonté sans fard. On assiste à une résurgence d’une idéologie datant de l’époque des chemins de fer, une soif de conquête et d’expansion teintée d’un nationalisme exacerbé, le tout saupoudré d’une ambition démesurée visant à planter le drapeau américain sur Mars. En clair, il s’agit d’une synthèse improbable entre le Far West et la science-fiction.

Les premières mesures prises par Trump sont un signal clair de ses intentions. Déclaration d’une ‘urgence énergétique’, suppression des financements pour les infrastructures d’énergies renouvelables issues du ‘Green New Deal’ de Biden, abandon de l’objectif d’électrification du parc automobile, relance des projets d’exportation de gaz naturel liquéfié, expansion du développement des ressources en Alaska… L’environnement passe à la trappe, sacrifié sur l’autel d’une croissance économique à court terme et d’une indépendance énergétique illusoire.

Mais l’offensive ne s’arrête pas là. Le retrait de l’Amérique de l’accord de Paris sur le climat et de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) isole davantage le pays sur la scène internationale. Pour rappel, l’accord de Paris est un traité international sur le changement climatique, adopté en 2015, visant à limiter le réchauffement climatique mondial. L’OMS, quant à elle, est une agence spécialisée des Nations Unies responsable de la santé publique internationale. La réactivation des sanctions contre la Cour Pénale Internationale (CPI) est un affront direct à la justice internationale. La CPI, située à La Haye, est une juridiction internationale qui a compétence pour juger les individus accusés de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

La déclaration d’une ‘urgence’ à la frontière avec le Mexique, avec pour conséquence le déploiement du Département de la Défense pour sceller la frontière et repousser une ‘invasion’ de migrants et de trafiquants, est une rhétorique dangereuse qui alimente la xénophobie et le racisme. La suspension des admissions de réfugiés et la fin du programme permettant aux ressortissants cubains, haïtiens, nicaraguayens et vénézuéliens de s’installer temporairement aux États-Unis témoignent d’une politique migratoire impitoyable et inhumaine.

L’espoir, mince, réside dans la promesse de Trump de rendre l’administration américaine plus efficace, l’économie plus dynamique et les frontières plus sûres. Mais le risque d’un résultat bien plus sombre est palpable. L’Amérique désenchaînée de Trump pourrait bien se transformer en un géant déchaîné, imprévisible et dangereux, tant pour le monde que pour elle-même. La question reste de savoir si l’ambition démesurée se traduira par un progrès tangible ou par un chaos orchestré.

Cet article a été fait a partir de ces articles:

https://www.economist.com/the-world-this-week/2025/01/30/this-weeks-covers, https://www.economist.com/the-world-this-week/2025/01/23/this-weeks-covers, https://www.economist.com/the-world-this-week/2025/01/23/the-weekly-cartoon, https://www.economist.com/the-world-this-week/2025/01/23/business, https://www.economist.com/the-world-this-week/2025/01/23/politics

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