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Psychopathes et Douleur : Une Perception Altérée, Pas une Absence Totale

La psychopathie, longtemps associée aux tueurs en série et aux criminels notoires, façonnant l’imaginaire des documentaires de true crime, révèle une relation complexe avec la douleur, possiblement à l’origine d’un manque d’empathie. Il est crucial de comprendre que la psychopathie n’est pas une catégorie binaire, mais plutôt un spectre continu. Nous possédons tous des traits psychopathiques à des degrés divers. Pour être étiqueté « psychopathe » par des professionnels de la santé, il faut se situer dans la portion supérieure de ce spectre.

Des études antérieures ont souvent montré que les individus présentant des traits psychopathiques plus marqués affichent une tolérance à la douleur accrue. Des mesures physiologiques corroborent cette observation, comme l’indiquent des études sur l’activité cérébrale en réponse à la douleur. Une étude de 2022, par exemple, a révélé une activité cérébrale plus faible face à la douleur causée par la pression chez les personnes présentant des traits psychopathiques élevés.

Cependant, des recherches récentes ont remis en question cette vision simpliste. Une étude récente sur la douleur et les niveaux de psychopathie a abouti à des résultats surprenants. Les participants affichant un niveau élevé de psychopathie semblent traiter la douleur différemment de ceux qui en présentent peu. Pour mesurer objectivement la douleur , une méthode fut employée : des pressions contrôlées ont été exercées sur l’ongle des participants à l’aide d’un dispositif pneumatique. La réaction physiologique à cette pression, mesurée par la conductance cutanée (SCR), a été surveillée. La conductance cutanée (SCR), aussi appelée réponse électrodermale (RED), est une mesure de l’activité des glandes sudoripares, reflétant l’excitation du système nerveux autonome, souvent associée au « fight or flight » ou à l’attention accrue. La SCR s’exprime par une variation de la résistance électrique de la peau, augmentant avec la transpiration.

Avant l’expérience, le seuil de douleur de chaque participant, le niveau de douleur maximal tolérable, était déterminé. Étonnamment, les groupes à faible et à forte psychopathie ont choisi des niveaux de pression similaires pour leur seuil de douleur. Pourtant, lors des stimulations douloureuses, les participants à forte psychopathie ont déclaré ressentir moins de douleur que ceux à faible psychopathie, même au niveau de leur seuil personnel. Paradoxalement, leurs SCR étaient comparables, suggérant une interprétation différente de la douleur, plutôt qu’une absence de réponse physiologique. Cette différence d’interprétation pourrait expliquer la propension plus élevée à la prise de risque et à la violence observée chez les individus psychopathiques. Ils pourraient ne pas reconnaître la douleur de la même manière que les autres.

Traditionnellement, la psychopathie est associée à des réponses physiologiques atténuées dans des situations menaçantes, car la douleur n’est pas liée à la peur ou à la punition. Les résultats de cette étude suggèrent que la différence de perception de la douleur est d’avantage psychologique que physiologique. Cela expliquerait la divergence entre les déclarations subjectives de douleur et les réponses physiologiques. L’étude ne tranche pas sur la question de savoir si les individus simulent la douleur ou sont moins connectés à leur corps, mais une étude de 2019 sur des enfants suggère que ceux présentant des traits psychopathiques élevés peuvent adopter des stratégies d’adaptation extrêmes face à la peur, comme l’émoussement émotionnel ou les comportements risqués.

L’étude a également évalué l’empathie, soit la capacité à ressentir la douleur des autres, en montrant aux participants des images de personnes souffrant. Conformément à des recherches antérieures, les individus à forte psychopathie ont non seulement déclaré ressentir moins d’empathie, mais ont également affiché des SCR plus faibles en regardant ces images, suggérant moins d’attention à la douleur d’autrui. Cela indique que le manque d’empathie pourrait ne pas être un choix conscient.

Une revue systématique récente de huit études sur la psychopathie et la perception de la douleur corrobore ces conclusions, montrant une activité cérébrale réduite en réponse à la douleur d’autrui chez les personnes présentant des traits psychopathiques. Cette moindre empathie pourrait être influencée par une tolérance à la douleur plus élevée. Si l’on ne comprend pas la douleur de la même manière que les autres, il est logique qu’on ne comprenne pas non plus la douleur qu’ils peuvent ressentir.

Il est important de noter que présenter des traits psychopathiques élevés ne signifie pas devenir un criminel. Des recherches récentes suggèrent que ces traits peuvent même être positifs, aidant à réguler les émotions. Les chirurgiens et autres professionnels de la santé présentent souvent des niveaux élevés de traits psychopathiques, en particulier l’immunité au stress, ce qui leur permet de rester calmes sous pression et de prendre des décisions rapides et rationnelles.

Cet article a été fait a partir de ces articles:

https://www.sciencealert.com/how-psychopaths-process-pain-could-explain-their-lack-of-empathy, https://www.sciencealert.com/study-uncovers-trove-of-hormones-that-could-freeze-time-on-aging-skin, https://www.sciencealert.com/a-morning-dose-of-blue-light-can-help-us-sleep-better-in-old-age, https://www.sciencealert.com/theres-a-surprisingly-simple-way-to-remove-microplastics-from-drinking-water, https://www.sciencealert.com/a-star-grinder-swarm-of-black-holes-could-lurk-in-our-galaxys-dusty-core

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