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L’Ombre de la Trahison : L’Europe et l’Ukraine face à l’Axe Trump-Poutine

L’image est saisissante : Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, visage crispé, quittant précipitamment la Maison Blanche après une altercation explosive avec Donald Trump. Ce n’est pas une simple dispute diplomatique ; c’est un tournant géopolitique majeur, une fracture béante dans l’alliance transatlantique et une victoire tactique pour Vladimir Poutine, obtenue sans un seul missile tiré. L’Amérique de Trump semble avoir choisi le camp du Kremlin, laissant l’Europe et l’Ukraine face à une menace existentielle.

L’incident, survenu le 28 février 2025, a dépassé le cadre d’une simple divergence d’opinions. L’agressivité brute de Trump et de son vice-président, J.D. Vance, envers Zelensky, a été une démonstration publique d’hostilité sans précédent entre alliés. Zelensky, venu négocier un accord crucial sur l’exploitation des ressources minières ukrainiennes en échange de soutien militaire, s’est vu non seulement humilié, mais également éconduit, son accord laissé en suspens. Cette scène, filmée et diffusée à travers le monde, marque un point de rupture définitif dans la relation américano-ukrainienne.

L’hypothèse d’une trahison ne relève plus de la théorie du complot. Trump, depuis son premier mandat, a manifesté une sympathie déconcertante pour Poutine, allant jusqu’à minimiser les ingérences russes dans les élections américaines lors du sommet d’Helsinki en 2018. Cette attitude, alors source de consternation au sein même de son parti, est aujourd’hui devenue la norme. Le nouveau président américain semble avoir pleinement adopté la rhétorique du Kremlin, allant jusqu’à remettre en question les responsabilités de Moscou dans le conflit en Ukraine, une position reprise à l’identique lors de votes spectaculaires aux Nations unies. Cette convergence de vues est glaçante : une alliance occidentale historiquement forte semble se déliter, cédant la place à un rapprochement inquiétant entre Washington et Moscou.

Le silence complice de nombreux dirigeants républicains face à cette volte-face est tout aussi préoccupant. La solidarité transatlantique, longtemps un pilier de la géopolitique mondiale, est gravement ébranlée. L’Europe, malgré le soutien affiché par la majorité de ses dirigeants (à l’exception notable de Viktor Orbán, Premier ministre hongrois, qui a ouvertement salué Trump), se retrouve seule face à la Russie, une réalité confirmée par la tentative de Moscou et Washington d’entamer des négociations bilatérales, excluant l’Ukraine et ses alliés européens. Cette exclusion est un signal alarmant: Moscou dicte ses conditions de paix, et Washington semble y consentir.

Le sommet de Londres, prévu le 2 mars 2025, sous l’égide de Keir Starmer, Premier ministre britannique, devrait réunir les dirigeants européens pour une évaluation urgente de la situation. L’heure du charme diplomatique envers Washington est passée. Il est impératif de constituer un front uni, d’accélérer la construction d’une défense européenne robuste et d’informer les populations sur le virage stratégique imposé par ce bouleversement géopolitique. Les appels à une défense européenne autonome, voire à un partage de la dissuasion nucléaire, se multiplient, notamment de la part du futur chancelier allemand, Friedrich Merz, qui exhorte à se préparer au «pire scénario» d’un retrait de l’OTAN par Washington.

La situation est d’autant plus critique que la guerre en Ukraine n’est pas qu’un conflit régional. Elle met en lumière les failles de l’ordre mondial et la fragilité des alliances, ouvrant la voie à un monde multipolaire potentiellement instable, où la puissance économique chinoise et l’influence croissante des pays du Golfe par le biais de leur ‘soft power’ offensif (investissements massifs, méga-projets, événements sportifs) ajoutent une complexité supplémentaire. L’incident à la Maison Blanche cristallise toutes ces tensions. La guerre en Ukraine, les spéculations immobilières à Barcelone, la montée de la dette publique américaine, la domination chinoise sur le marché de l’ail… tous ces éléments, apparemment distincts, sont des manifestations d’un même désordre global.

La scène finale, la tristesse de Tanya à la station-service de Kyiv, résume le sentiment d’abandon et d’incertitude qui plane sur l’Ukraine et l’Europe. Le monde semble se déliter sous nos yeux, et l’ombre de la trahison jetée par Trump et Poutine plane lourdement sur l’avenir.

La question finale, lancinante, demeure : pouvons-nous réellement construire un avenir sûr et stable au sein d’un ordre mondial aussi imprévisible et marqué par une telle volatilité politique ? La réponse exige non seulement une coopération européenne renforcée mais aussi une profonde remise en question des présupposés géopolitiques qui ont mené à la situation actuelle.

Cet article a été fait a partir de ces articles: https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/03/01/l-ukraine-et-l-europe-seules-face-a-la-russie_6571425_3232.html https://www.liberation.fr/international/europe/jai-ressenti-une-forte-violence-contre-nous-les-ukrainiens-au-garde-a-vous-apres-laltercation-entre-zelensky-et-trump-a-la-maison-blanche-20250301_I4CH4UFGOFD23NZDWJPMOR25YQ/ https://www.liberation.fr/international/europe/les-allies-de-lukraine-font-bloc-derriere-volodymyr-zelensky-rudoye-a-wahington-par-donald-trump-20250301_U53NCHABBFGCZCSSTD4VMK2JN4/

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