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Le Coupe-Câble Sous-Marin Chinois : Une Menace Silencieuse sur la Toile Mondiale ?

Sous les vagues, invisible et pourtant omniprésent, se cache le système nerveux de notre monde : un réseau tentaculaire de câbles sous-marins. Ces artères vitales transportent l’internet, les transactions financières, et les communications militaires entre les continents. Imaginez un monde sans internet, un effondrement économique mondial, une paralysie militaire… C’est précisément cette vulnérabilité que la Chine a potentiellement mise en lumière avec la révélation d’un outil capable de sectionner ces câbles à des profondeurs auparavant inaccessibles.

Le dispositif, développé par le Centre de Recherche Scientifique Navale Chinois (CSSRC) et son Laboratoire d’État Clé des Véhicules Habités en Eaux Profondes, peut opérer jusqu’à 4 000 mètres de profondeur – soit le double de la profondeur où s’étendent la plupart des infrastructures câblées. Il est capable de trancher même les câbles les plus robustes, renforcés d’acier et protégés par des couches de polymères. Bien que des rumeurs persistantes évoquent une technologie similaire en possession de la Russie, la Chine est la première nation à admettre publiquement la possession d’un tel outil.

La complexité de la tâche est immense. À de telles profondeurs, la pression dépasse 400 atmosphères – l’équivalent d’un éléphant sur votre doigt. Pour résister à cette pression extrême, l’équipe de l’ingénieur Hu Haolong a conçu une meule abrasive recouverte de diamant, capable de tourner à 1 600 tours par minute et de broyer les gaines d’acier, l’isolation en caoutchouc et les polymères protecteurs sans perturber le fond marin. Cette meule, compacte et alimentée par un moteur d’un kilowatt, peut être fixée aux bras robotiques des sous-marins chinois avancés comme le Fendouzhe (Striver) et la série Haidou. Ces submersibles, initialement présentés comme des outils d’exploration scientifique, sont soupçonnés de posséder une double fonction.

Les chercheurs chinois insistent sur le fait que leur invention est destinée à des fins pacifiques, telles que l’extraction minière sous-marine, l’exploration scientifique et le développement des ressources marines. Mais la frontière entre technologie civile et capacité militaire est alarmante. Près de 380 câbles sous-marins, s’étendant sur plus de 1,2 million de kilomètres, transportent silencieusement 99 % des communications internationales. Sans eux, le commerce mondial, les gouvernements et nos vies quotidiennes s’arrêteraient.

Et c’est là que le bât blesse. La suspicion grandit quant à d’éventuels tests stratégiques de la Chine concernant les perturbations de câbles. Au cours des deux dernières années, des navires chinois ont été impliqués dans des incidents suspects impliquant des dommages aux câbles près de Taïwan et même en mer Baltique – des accusations que Pékin nie catégoriquement. Des incidents qui, pris isolément, pourraient sembler anecdotiques, mais qui, mis bout à bout, dessinent un tableau inquiétant.

En janvier 2025, Taïwan a accusé un cargo chinois d’avoir sectionné un câble de télécommunications crucial au large de sa côte nord. Un mois plus tard, les autorités taïwanaises ont détenu un navire battant pavillon togolais, soupçonné d’avoir endommagé un câble internet reliant Taïwan à ses îles Penghu. En 2023, des responsables taïwanais ont imputé à des navires chinois deux incidents au cours desquels des câbles reliant l’île principale de Taïwan à ses îles Matsu ont été endommagés, entraînant une panne d’internet.

Le South China Morning Post, qui a révélé cette affaire, met en garde contre la possibilité que la Chine cible stratégiquement les câbles à des points névralgiques tels que Guam, un hub militaire américain essentiel à la stratégie de défense américaine dans le Pacifique. Même des perturbations mineures des câbles sous-marins peuvent entraîner des bouleversements économiques et politiques. Le Carnegie Endowment, un groupe de réflexion basé aux États-Unis, avertit qu’une perturbation même modeste de la connectivité internet pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les marchés financiers européens et mondiaux, qui dépendent de flux d’informations rapides pour fonctionner de manière optimale.

L’Europe est particulièrement consciente de cette menace. Après le sabotage présumé du gazoduc Balticconnector en octobre 2023, les États européens se méfient de plus en plus du potentiel à double usage des technologies maritimes. L’outil chinois ne fait qu’ajouter à ces inquiétudes. Bien que conçu ostensiblement pour l’exploration marine pacifique et l’extraction de ressources, ses applications militaires potentielles sont considérables. La flotte croissante de submersibles chinois en eaux profondes, désormais la plus importante au monde, pourrait déployer le coupe-câble en secret, exploitant les vulnérabilités sous-marines sans laisser de traces immédiates.

Cette ambiguïté – outil civil ou arme stratégique – rend la dissuasion difficile. Contrairement à une agression militaire directe, le sabotage d’infrastructures sous-marines offre une possibilité de déni plausible. C’est, en substance, un acte de guerre invisible. Que ses intentions soient véritablement pacifiques ou non, une chose est claire : les câbles silencieux qui sous-tendent notre monde interconnecté sont aujourd’hui plus vulnérables que jamais.

Cet article a été fait a partir de ces articles:

https://www.zmescience.com/future/china-just-unveiled-a-deep-sea-tool-that-can-secretly-cut-the-worlds-internet-cables/, https://www.zmescience.com/science/news-science/looks-matter-most-on-dating-apps-by-far-and-thats-true-for-both-men-and-women/, https://www.zmescience.com/science/news-science/blue-lotus-fake/, https://www.zmescience.com/science/archaeology/hadrians-wall-penises-repubz/, https://www.zmescience.com/future/quadruped-robot-learns-how-to-ride-skateboard-on-its-own/

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