Le Chaos DOGE : Quand Elon Musk Démembre l’État Fédéral Américain
L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a marqué un tournant politique aux États-Unis, mais la véritable onde de choc est venue de l’ombre, sous la forme d’un groupe informel et opaque surnommé le « Department of Government Efficiency » (DOGE), mené par le milliardaire Elon Musk. Ce qui était initialement présenté comme une initiative visant à rationaliser le gouvernement s’est rapidement transformé en une opération de démantèlement systématique, semant le chaos et suscitant de vives inquiétudes quant à l’avenir des institutions américaines.
Le duo infernal Trump-Musk et les pions de l’ombre :
Au cœur de ce maelström, on retrouve un couple puissant de la sphère Trump : Stephen et Katie Miller. Stephen, bras droit du président sur les questions de politique intérieure et de sécurité, agit comme un véritable Premier ministre de l’ombre. Katie, employée spéciale du gouvernement et responsable de la communication pour le DOGE, sert d’intermédiaire clé entre Musk et la Maison Blanche. Cette collusion d’intérêts, entre un magnat de la technologie avide de pouvoir et des figures clés de l’administration Trump, a permis de mettre en œuvre une stratégie de réduction massive des effectifs et des budgets des agences fédérales, souvent sans le respect des procédures légales.
DOGE : une opération de démantèlement massif et opaque :
Le DOGE a mis en œuvre une série de mesures radicales, dont les conséquences sont à peine commencées à être appréhendées. Des agences comme l’USAID, le pilier de l’aide américaine à l’étranger, ont été démantelées, entraînant la suspension ou la suppression de programmes vitaux de lutte contre le virus Ebola, le sida et la famine. Des waivers d’urgence, censés pallier ces coupures, se sont avérés inefficaces, aggravant la situation humanitaire mondiale. L’impact ne se limite pas à l’étranger ; la NSF (National Science Foundation), la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) et d’autres agences essentielles ont été victimes de coupes drastiques, compromettant des décennies de recherche scientifique et la surveillance environnementale.
Même l’Antarctique n’est pas épargné. Le programme scientifique américain en Antarctique (USAP), dépendant de la NSF, a subi des licenciements massifs, mettant en péril les recherches cruciales sur le climat et l’univers. Des scientifiques américains sont maintenant recrutés par des pays comme l’Allemagne ou la Chine, soulignant la perte de leadership américain dans ce domaine. La menace d’une prise de contrôle de stations de recherche par des puissances étrangères s’affirme, menaçant le fragile équilibre géopolitique du continent.
Starlink : un outil au service de la criminalité transnationale :
Ironiquement, la technologie de Musk elle-même contribue au chaos. Des preuves indiquent que la connectivité Starlink est utilisée par des réseaux criminels asiatiques impliqués dans le trafic d’êtres humains et les escroqueries en ligne, rendant les opérations des centres de fraude, basés en Birmanie et à la frontière thaïlandaise, plus efficaces et plus difficiles à interrompre. Malgré les tentatives des autorités thaïlandaises pour mettre fin à ces activités, Starlink offre un accès ininterrompu à Internet, facilitant le travail des criminels et le maintien d’un système d’esclavage moderne.
Un style de gouvernance chaotique et potentiellement illégal :
La méthode employée par le DOGE est aussi brutale que désorganisée. Des milliers de fonctionnaires ont été licenciés sans ménagement, souvent par e-mail, y compris ceux travaillant sur la sécurité nucléaire et la prévention de la grippe aviaire. Ces licenciements massifs, souvent illégaux, ont été contestés devant les tribunaux, qui ont déjà ordonné leur annulation partielle. L’implication de Joe Gebbia, cofondateur d’Airbnb, dans la modernisation du processus de retraite, met en lumière l’infiltration du DOGE au sein de l’administration et sa volonté de remodeler des pans entiers du fonctionnement de l’État.
Les déclarations de Trump, qui envisagent de nouvelles taxes sur les importations chinoises, canadiennes, mexicaines et européennes, ajoutent à l’instabilité. Il affirme que ces mesures visent à protéger l’industrie américaine et à forcer les négociations commerciales, mais les économistes craignent de graves conséquences inflationnistes et une déstabilisation des marchés internationaux. La décision de laisser partir Andrew et Tristan Tate, influenceurs controversés, aux États-Unis après des discussions entre l’administration Trump et les autorités roumaines, nourrit les soupçons de collusion politique.
Un avenir incertain :
La vague de licenciements et de coupes budgétaires menée par le DOGE menace de démanteler l’appareil étatique américain, sapant ses institutions et son influence mondiale. L’opacité de l’opération, le manque de transparence et le mépris flagrant des règles légales soulèvent de sérieuses interrogations sur les motivations réelles de cette « révolution » dirigée par Musk et cautionnée par Trump. L’avenir des États-Unis, tant sur le plan intérieur qu’international, paraît plus incertain que jamais.
Le contexte est particulièrement préoccupant car l’action de la justice, même si elle s’est déjà manifestée par des ordonnances d’annulation, est loin d’être suffisante pour endiguer le processus de déconstruction de l’État orchestré par le DOGE. Le bilan à long terme pourrait être catastrophique. Cet article a été fait a partir de ces articles: https://www.wired.com/story/uncanny-valley-news-update-doge-conflicts-elon-musk-email-chaos/ https://www.wired.com/story/katie-stephen-miller-elon-musk-takeover/ https://www.wired.com/story/the-usaid-emergency-waivers-arent-working-from-ebola-to-aids/ https://www.wired.com/story/doge-worse-than-you-think/ https://www.wired.com/story/doge-antarctica-science-research-china-russia/ https://www.wired.com/story/starlink-scam-compounds/
Airbnb co-founder Joe Gebbia takes wraps off his first assignment for DOGE
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