L’année 2025: L’IA, entre promesses mirobolantes et réalités mitigées
L’année 2025 marque un tournant dans le monde de la technologie, notamment en ce qui concerne l’intelligence artificielle. Des annonces fracassantes côtoient des doutes persistants, créant un paysage technologique aussi fascinant que paradoxal. Du smartphone milieu de gamme de Samsung aux ambitions démesurées d’Amazon avec Alexa+, en passant par les avancées (discutées) de Microsoft en informatique quantique et l’ascension fulgurante de Mistral AI, l’année s’annonce riche en rebondissements.
Commençons par le concret : Samsung dévoile son Galaxy A56, un smartphone milieu de gamme qui se distingue par son intégration d’outils d’édition photo basés sur l’IA. Ces fonctionnalités, telles que l’effaceur d’objet, l’ajustement automatique des vidéos et la création de filtres personnalisés, rapprochent l’expérience utilisateur de celle offerte par les modèles haut de gamme. Un détail intrigant : un léger renflement latéral regroupant les boutons de volume et de mise sous tension, améliorant l’ergonomie du téléphone. Cette subtilité illustre une tendance, celle d’une innovation souvent discrète, axée sur l’amélioration pragmatique plutôt que sur la révolution spectaculaire. Le prix, autour de 500€, place le A56 en concurrence directe avec des modèles comme le Pixel 8a.
À l’autre extrémité du spectre, Amazon présente Alexa+, une version de son assistant vocal intégrant l’IA générative. Si l’ambition est louable – une interaction plus naturelle, une meilleure compréhension contextuelle, la capacité de résumer des sujets complexes et de faire des suggestions personnalisées – le prix de 20$ par mois (gratuit pour les abonnés Prime) soulève des questions. L’intégration avec des applications tierces, via API ou navigation web automatisée, est une innovation majeure. Cependant, la fiabilité de l’IA générative reste un obstacle majeur, et la capacité d’Alexa+ à naviguer le web à la place de l’utilisateur, tout en évitant les hallucinations et la désinformation, reste à prouver. La comparaison avec Google Duplex, qui depuis 2018 permettait de réserver des restaurants par appel téléphonique automatisé, est inévitable et soulève la question de l’innovation véritable et de son impact réel.
Microsoft, quant à lui, clame une percée en informatique quantique avec ses qubits topologiques, mais cette annonce est accueillie avec scepticisme par certains physiciens. L’informatique quantique, un domaine encore balbutiant, repose sur des concepts complexes (qubits, superpositions, intrication) qui ne sont pas aisément compréhensibles par le grand public. Les affirmations de Microsoft concernant la création de qubits topologiques, une méthode théoriquement plus résistante au bruit, nécessitent donc une validation indépendante approfondie avant de pouvoir être considérées comme une véritable révolution. La prudence est de mise, d’autant que des affirmations similaires avaient été rétractées par le passé.
Dans la course aux grands modèles de langage (LLM), OpenAI lance GPT-4.5, son modèle le plus volumineux à ce jour. Alors que l’entreprise avoue être à court de GPU (unités de traitement graphique) nécessaires à l’entraînement de tels modèles, la question de la rentabilité et de la pertinence de cette course à la taille se pose. GPT-4.5 montre des améliorations en précision et en réduction des hallucinations par rapport à son prédécesseur, mais n’est pas doté de capacités de raisonnement comparable aux modèles concurrents. Cette annonce illustre l’évolution constante mais aussi les limites actuelles de l’IA générative.
Le marché chinois de l’IA se démarque par l’émergence de DeepSeek, une start-up qui revendique des marges bénéficiaires théoriques de 545%. Si ces chiffres sont impressionnants, ils reposent sur des hypothèses et des projections optimistes. DeepSeek met l’accent sur l’optimisation des coûts et une efficacité remarquable, notamment dans la comparaison avec des concurrents comme OpenAI. Son ascension fulgurante, avec un placement temporaire en tête du classement de l’App Store, illustre le potentiel, mais aussi la volatilité, de ce secteur.
Enfin, Mistral AI, start-up française, s’affirme comme un concurrent européen potentiel d’OpenAI. Malgré une valorisation conséquente (près de 6 milliards de dollars), sa part de marché reste modeste. Son assistant conversationnel, Le Chat, connaît un succès relatif, notamment en France. Mistral AI se distingue par son engagement envers l’open source et un modèle économique diversifié, avec des modèles gratuits et payants, ainsi que des partenariats stratégiques avec des entreprises et des entités gouvernementales. Son futur, entre IPO et acquisitions possibles, reste incertain mais riche en potentiel.
En conclusion, l’année 2025 dans le domaine de l’IA est marquée par un contraste saisissant entre les annonces spectaculaires et les réalités plus nuancées. L’innovation progresse à un rythme effréné, mais des questions cruciales sur la fiabilité, la rentabilité et l’impact sociétal restent ouvertes. L’avenir, entre promesses et incertitudes, s’annonce passionnant. Cet article a été fait a partir de ces articles: https://www.engadget.com/mobile/smartphones/samsungs-midrange-galaxy-a56-has-ai-photo-editing-and-a-bump-for-its-buttons-230018254.html?src=rss https://www.engadget.com/big-tech/alphabets-taara-chip-uses-light-beams-to-provide-high-speed-internet-140040922.html?src=rss https://www.engadget.com/ai/amazons-generative-ai-vision-for-alexa-is-appealing-but-unproven-140014416.html?src=rss https://www.scientificamerican.com/article/microsoft-claims-quantum-computing-breakthrough-but-some-physicists-are/
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