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La Guerre Froide de l’IA : OpenAI contre DeepSeek, une bataille géopolitique pour la suprématie numérique

L’année 2025 marque un tournant décisif dans la course à la suprématie de l’intelligence artificielle. Ce n’est plus une compétition technologique pure, mais une véritable guerre froide numérique, opposant les géants américains de l’IA aux acteurs chinois, avec OpenAI et DeepSeek en première ligne. L’enjeu ? Le contrôle d’une technologie qui remodèle le monde, avec des implications géopolitiques majeures.

OpenAI, le fer de lance de l’IA américaine et créateur du célèbre ChatGPT, a lancé une offensive sans précédent contre DeepSeek, son principal concurrent chinois. Dans une proposition de politique soumise à l’administration Trump, OpenAI qualifie DeepSeek de « Huawei de l’IA », demandant son interdiction pure et simple aux États-Unis. Cette accusation, aussi brutale que stratégique, repose sur plusieurs arguments clés :

1. La menace de la suprématie chinoise : OpenAI prédit une domination chinoise de l’IA d’ici 2030, soutenue par des investissements massifs et des pratiques jugées « agressives ». Le succès fulgurant de DeepSeek, avec son modèle DeepSeek-R1, est perçu comme une confirmation alarmante de cette projection. DeepSeek-R1, un modèle linguistique performant et étonnamment peu coûteux à développer, a en effet secoué le marché américain, provoquant des chutes boursières chez les géants de la tech.

2. Le risque pour la sécurité des données : OpenAI souligne le caractère potentiellement insécure de DeepSeek-R1, soulignant l’obligation légale pour DeepSeek de fournir les données de ses utilisateurs au gouvernement chinois sur simple demande. Cette dépendance vis-à-vis de l’État chinois pose des questions cruciales de confidentialité et de souveraineté numérique, préoccupations déjà soulevées par l’Italie, qui a rapidement interdit DeepSeek sur son territoire.

3. La question de la propriété intellectuelle : OpenAI, tout en demandant une exemption pour l’entraînement de ses modèles sur du matériel protégé par le droit d’auteur (le « fair use »), accuse DeepSeek d’avoir utilisé illégalement ChatGPT pour entraîner son propre modèle. Cette accusation, même si son fondement reste à prouver, révèle l’intensité de la rivalité et le jeu brutal qui se joue dans le domaine de l’IA.

OpenAI n’est pas la seule à s’inquiéter. Google a également soumis ses recommandations au plan d’action sur l’IA de l’administration Trump, demandant elle aussi une exemption pour l’utilisation de données protégées par le droit d’auteur. Le débat sur le « fair use » devient central dans cette course technologique, illustrant la tension entre innovation et protection de la propriété intellectuelle.

Mais la bataille ne se joue pas uniquement sur le terrain technologique et économique. Le Congrès américain, dominé par les Républicains, s’interroge sur une possible « censure » de l’IA par l’administration Biden. Le représentant Jim Jordan a émis des assignations à comparaître à l’encontre de seize entreprises technologiques, dont OpenAI, Google et Apple, afin d’obtenir des informations sur les communications avec l’administration concernant la limitation des « biais préjudiciables » et de la « discrimination algorithmique ». Cette enquête, qui s’inscrit dans un contexte politique tendu, complexifie encore la situation.

Parallèlement, l’administration Trump, sous l’influence d’Elon Musk et de son projet DOGE (Department of Government Efficiency), promeut une vision de l’IA débarrassée de tout « biais idéologique », priorisant la compétitivité économique américaine. Le National Institute of Standards and Technology (NIST) a même reçu des instructions pour éliminer toute mention de « sécurité de l’IA », de « l’IA responsable » et de « l’équité de l’IA » de ses documents. Cette décision controversée soulève des inquiétudes quant à un possible relâchement des normes éthiques et à une augmentation des biais algorithmiques. L’utilisation de l’IA par le gouvernement lui-même est également sujette à controverse, avec des demandes d’informations des démocrates au sujet de l’implantation de logiciels d’IA au sein des agences fédérales.

Au cœur de cette tempête géopolitique, DeepSeek suscite un engouement considérable en Chine. Des entreprises de tous les secteurs, du jeu vidéo à l’énergie nucléaire en passant par le secteur bancaire, s’empressent d’intégrer les modèles de DeepSeek dans leurs produits, alimentant une sorte de « nationalisme technologique ». Ce phénomène, aussi bien opportuniste que symptomatique d’une volonté d’affirmer l’indépendance technologique chinoise, souligne l’impact géopolitique profond de la course à l’IA.

La situation est complexe. OpenAI, dans sa lutte contre DeepSeek, met en lumière les défis de la réglementation de l’IA, les risques pour la sécurité des données et les tensions liées à la propriété intellectuelle. Mais la réponse politique, aussi bien aux États-Unis qu’en Chine, est marquée par des considérations géopolitiques et idéologiques, rendant difficile l’élaboration d’un cadre réglementaire équitable et efficace. La guerre froide de l’IA est loin d’être terminée, et ses conséquences se feront sentir sur tous les aspects de notre vie. Cet article a été fait a partir de ces articles: https://www.numerama.com/tech/1925833-openai-accuse-deepseek-detre-le-huawei-de-lia-et-demande-de-le-bannir.html https://www.engadget.com/big-tech/house-gop-subpoenas-tech-companies-over-ai-censorship-pressure-from-biden-administration-214543722.html?src=rss https://www.engadget.com/ai/openai-and-google-ask-for-a-government-exemption-to-train-their-ai-models-on-copyrighted-material-212906990.html?src=rss https://www.wired.com/story/ai-safety-institute-new-directive-america-first/ https://www.wired.com/story/elon-musk-federal-agencies-ai/ https://www.wired.com/story/deepseek-china-nationalism/ https://www.scientificamerican.com/article/controversial-quantum-advantage-claim-made-by-computing-firm-d-wave/

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