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Galileo en Treillis : L’Ombre de la Guerre et l’Aube d’une Europe de la Défense

Le conflit ukrainien, théâtre d’une guerre technologique acharnée, nous réserve des révélations aussi inattendues que troublantes. Des sources russophones rapportent l’utilisation du système de navigation par satellite européen Galileo pour guider des frappes de précision ukrainiennes sur des cibles russes. Si cette information, encore difficilement vérifiable, se confirme, elle secoue les fondements géopolitiques et militaires du Vieux Continent.

Galileo, le GPS européen, bien connu pour ses applications civiles (navigation routière, géolocalisation des smartphones…), possède une dimension militaire souvent occultée. Son utilisation dans le conflit ukrainien, impliquant des roquettes GMLRS (Guided Multiple Launch Rocket System) tirées par des systèmes HIMARS et M270, représente une étape significative. Ces roquettes, conçues par Lockheed Martin, offrent une portée impressionnante (jusqu’à 150 km pour une variante en développement) et une précision redoutable, supérieure à 98%. L’intégration de Galileo dans ce dispositif offre à l’Ukraine une alternative au GPS américain, limitant ainsi sa dépendance à Washington, une prudence compréhensible au vu du contexte géopolitique actuel. La France, possédant des systèmes équivalents aux HIMARS et M270, n’est pas étrangère à cette réalité.

La guerre électronique, intense sur le théâtre ukrainien, constitue un enjeu majeur. La Russie, accusée de brouillage massif des signaux GPS, cherche à neutraliser les systèmes de guidage des armes adverses. Ces brouillages ont des répercussions considérables, affectant même l’aviation civile et dépassant les frontières ukrainiennes. Le ministre des Armées français, Sébastien Lecornu, a d’ailleurs souligné l’importance de cette guerre du spectre électromagnétique et les défis qu’elle pose à la résistance des systèmes d’armes occidentaux face à un brouillage de haute intensité.

Face à cette menace, l’Ukraine innove en développant des drones de combat dépourvus de GPS, pour assurer leur fonctionnalité malgré les interférences. Cette stratégie, subtile et audacieuse, témoigne de l’adaptation et de la résilience des forces ukrainiennes.

L’utilisation conjointe de matériel américain (GMLRS, HIMARS) et de la technologie européenne Galileo met en lumière le potentiel d’interopérabilité entre les alliés, malgré les difficultés liées à l’optimisation de l’ensemble des systèmes d’armes. Plus fondamentalement, l’éventuelle confirmation de ces informations souligne l’intérêt stratégique crucial du développement d’une constellation de satellites souveraine. La dépendance à un seul système, américain en l’occurrence, s’avère dangereuse. Cet épisode plaide ainsi pour le renforcement de l’Europe de la défense et pour le maintien de capacités spatiales autonomes, à l’image du projet IRIS², la réponse européenne à Starlink.

Parallèlement à ces avancées technologiques, la situation militaire sur le terrain reste tendue. Le retrait des troupes ukrainiennes de Soudja, dans la région russe de Koursk, confirme les difficultés rencontrées par l’armée ukrainienne. Si Kiev affirme avoir accompli sa mission principale en drainant les forces russes d’autres secteurs du front, l’ampleur du repli est indéniable. L’offensive initiale, audacieuse mais coûteuse, semble toucher à sa fin. La perte de terrain dans la région de Koursk, où les forces ukrainiennes contrôlaient initialement environ 1300 km², représente un revers symbolique et stratégique pour l’Ukraine, fragilisant potentiellement les négociations de cessez-le-feu.

Le remplacement du chef d’état-major des forces armées ukrainiennes, Anatoly Barguylevytch, par Andriï Gnatov, intervient dans un contexte de réorganisation des troupes et de nécessité d’améliorer l’efficacité du commandement. Ce changement de garde illustre les défis considérables que l’Ukraine doit surmonter pour maintenir une capacité de défense robuste face à une armée russe mieux équipée et plus nombreuse.

La perspective d’un cessez-le-feu, soumise à des conditions complexes et à des divergences profondes entre la Russie et l’Ukraine, reste incertaine. La Russie exige des garanties sur la neutralité de l’Ukraine et son exclusion de l’OTAN. Les discussions, entrecoupée de tensions et de divergences, illustrent la difficulté de trouver une solution pacifique à ce conflit qui a bouleversé l’ordre géopolitique mondial. La question de l’accès aux richesses minières de l’Ukraine, essentielles pour sa reconstruction post-conflit, ajoute une complexité supplémentaire à ce dossier déjà extrêmement sensible. L’avenir de l’Ukraine et de la paix en Europe reste suspendu à un fragile équilibre, où la technologie, la politique et l’économie se mêlent dans un inextricable nœud gordien.

Enfin, l’utilisation de Galileo, loin d’être une simple anecdote technique, symbolise les enjeux géopolitiques et technologiques colossaux qui se jouent aujourd’hui dans le ciel et sur les champs de bataille. C’est aussi un signal fort pour l’Europe, qui doit se saisir de ce moment charnière pour consolider sa souveraineté et assurer sa sécurité dans un monde de plus en plus imprévisible. Cet article a été fait a partir de ces articles: https://www.numerama.com/tech/1926091-lukraine-aurait-utilise-le-satellite-europeen-galileo-pour-tirer-des-roquettes-longue-portee.html https://www.scientificamerican.com/article/ukraine-ceasefire-deal-relies-on-critical-minerals-that-will-be-difficult-to/ https://www.bbc.com/news/articles/cq6yj0m1yl7o https://www.bbc.com/news/articles/clyzgr5xgv6o https://fr.euronews.com/my-europe/2025/03/16/letat-major-a-kyiv-confirme-le-retrait-des-troupes-ukrainiennes-de-soudja-dans-la-region-d?utm_source=flipboard.com&utm_campaign=feeds_europe&utm_medium=referral https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-volodymyr-zelensky-remplace-le-chef-de-l-etat-major-des-forces-ukrainiennes_7133691.html#xtor=RSS-3-[general] https://www.france24.com/fr/vidéo/20250316-quelle-perception-des-discussions-sur-une-possible-trêve-à-boutcha https://www.france24.com/fr/vidéo/20250315-les-ukrainiens-affaiblis-à-koursk-mais-nient-être-encerclés https://www.france24.com/fr/vidéo/20250314-l-ukraine-affaiblie-la-russie-avance https://www.france24.com/fr/vidéo/20250314-cessez-le-feu-en-ukraine-poutine-semble-vouloir-gagner-du-temps

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